Injection mécanique

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Si vous n’avez jamais entendu parler de l’injection mécanique, c'est qu'elle est loin d'être une nouvelle technologie. Ces équipements ont en effet disparu à la fin des années 70 pour les voitures essence et au début des années 2000 pour les diesel sur les véhicules neufs. Retour en arrière et zoom sur ce système d’alimentation.

Principe de l’injection mécanique

L’injection mécanique a été développée en essence et en diesel, les principes de fonctionnement des deux motorisations étant différents.

Injection mécanique essence

C’est une injection montée dans les années 50 sur des voitures de série par Peugeot et Mercedes en particulier. Cette injection, nommée Kugelfisher, est certainement la plus renommée ; elle constituait une mécanique de précision digne d’un système d’horlogerie ! Elle était très fiable et bien réglée.

Le principe de fonctionnement de l'injection mécanique essence est le suivant :

  • une pompe à essence électrique envoie l’essence sous pression (1 bar), qui est aussi la pression d’injection, à la pompe d’injection proprement dite ;
  • elle renferme un arbre à cames qui permet la distribution synchronisée du carburant à chaque cylindre ;
  • un régulateur y prend également place pour moduler le temps d’injection suivant les besoins.

Le régulateur : il s’agit d’une pièce mécanique de forme variable, parcourue par un palpeur. Suivant son emplacement sur cette pièce (surnommée « patate » pour sa forme particulière) qui correspond à un paramètre précis, ce palpeur modifie le déplacement sur l’arbre à cames de poussoirs qui commande l’envoi du carburant vers les injecteurs, modulant ainsi le temps d’injection.

Injection mécanique diesel

Ce type d’injection, s’il a été remplacé par l’injection directe « common rail », équipe encore beaucoup de véhicules du parc automobile français actuel (la production s’est arrêtée en 2002).

Le principe de fonctionnement de l'injection mécanique diesel est le suivant :

  • une pompe distributrice rotative, entraînée et synchronisée par la distribution moteur, cumule plusieurs fonctions ;
  • elle amène le carburant du réservoir par une pompe auxiliaire intégrée qu'on appelle la pompe de transfert ;
  • elle envoie le gazole (ou gasoil) sous pression aux injecteurs (pression de tarage des injecteurs : 110 à 175 bars) ;
  • un régulateur incorporé à la pompe module la quantité de gazole injecté suivant les paramètres moteur (vitesse de rotation, charge moteur…).

Avantages et inconvénients de l’injection mécanique

Injections mécaniques essence et diesel, même si la seconde a eu un long règne (5 bonnes décennies, contrairement à la première plus éphémère), cumulent les mêmes avantages et inconvénients.

Points forts de l'injection mécanique

  • Leur caractéristique était l’absence d’éléments électriques et électroniques, simplifiant ainsi  considérablement la maintenance pour les mécaniciens rechignant aux nouvelles technologies.
  • La fiabilité était aussi au rendez-vous, surtout pour les systèmes diesel, largement éprouvés.

Points faibles de l'injection mécanique

  • Si la maintenance était simple, la périodicité des entretiens de l’injection était courte (tous les 20 à 40 000 km), comparé aux voitures actuelles dont l’entretien du système est en théorie réduit à néant.
  • La consommation était plus élevée que celle des systèmes actuels (20 à 30 % pour l’injection mécanique essence et 10 à 20 % pour l’injection mécanique diesel).
  • Le gros point noir concerne les émissions polluantes, bien trop importantes par rapport aux standards actuels, surtout pour l’injection mécanique essence, notamment pour ses émissions de CO (monoxyde de carbone) : 2 à 4 % (réglage correct), pour 0 % toléré sur les injections actuelles.

Pour conclure : il paraît aujourd'hui illusoire pour les amoureux de ce type de technologie de le voir implanté sur un véhicule, sinon sur un véhicule de collection.

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